[HORS-SÉRIE] Journée internationale des droits des femmes

Aujourd’hui, Ophélie et Isabelle réaffirment leur engagement et celle de leur maison d’édition à faire mentir la prophétie de Simone de Beauvoir : « il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question ».

Toutes les femmes, partout, dans le monde, sont concernées par le 8 mars, journée internationale de leurs droits : celles qui vivent dans les pays en paix, où la violence se cache dans les foyers, et celles qui vivent dans les pays en guerre, où des hommes ivres de pouvoir larguent des bombes sur leurs têtes. 

Dans l’idéal, il ne devrait pas y avoir de 8 mars. Pas de journée consacrée à la moitié de la population mondiale. Tant que le 8 mars existe, c’est que le combat continue.

Ce combat a commencé il y a longtemps, et nous ne serons jamais assez reconnaissantes à nos aînées de l’avoir mené (c’est ainsi que nous commencent les mails de notre graphiste : « chères Reconnaissantes »). Toutes les Simone (de Beauvoir, Veil et Weil), les Olympe, les George, les Gisèle (Halimi, Pelicot)… Il y en a tellement, rien qu’en France (les Seyrig, les Wittig), on voudrait toutes les citer, celles qui ont été insultées, ridiculisées, méprisées, maltraitées parce qu’elles incarnaient une vérité simple posée par Orwell : « si tous les hommes sont égaux, certains sont plus égaux que d’autres. » Et encore, lui-même avait oublié les femmes, à commencer par la sienne, comme le raconte la belle enquête d’Anna Funder L’invisible Mme Orwell (10/18, 2024)

Aujourd’hui, ce combat est plus que jamais indispensable car les droits des femmes ne sont plus une évidence, ni même, pour certains, une cause juste. 

Pourtant, une société n’est véritablement libre que lorsque tous ces membres le sont ; les droits de tous sont respectés, lorsque toutes sont respectées. Les droits, ce ne sont pas des déclarations d’intention, ce ne sont pas des mots creux : ce sont des lois ; ce sont des actions dans les tribunaux et en justice ; ce sont des visites médicales et des soins, physiques et mentaux ; ce sont des vies protégées, sauvées et réparées. 

Ce sont des engagements concrets, chacune à notre niveau, auprès des femmes qui n’ont pas accès à la possibilité même de les défendre, leurs droits, parce que l’État organise l’injustice contre elles (l’Afghanistan est un modèle presque parfait, mais il ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt). Des manifestations, des livres, des dessins… : tout sauf les oublier, c’est le moins qu’on puisse faire, depuis là où nous sommes. 

C’est aussi une solidarité inconditionnelle envers celles qui subissent les guerres en femmes, en mères, en réfugiées. Avec leur vulnérabilité spécifique, quand règne la loi de la jungle. Ces femmes qui voient leurs enfants mourir, leurs maisons détruites, leurs corps martyrisés.

Une solidarité qui s’incarne à travers suffisamment d’associations pour qu’il soit facile de s’y engager. À notre modeste échelle, publier le livre d’Albina du Boisrouvray c’est braquer le projecteur sur son ONG, FXB Global, qui aide spécifiquement les femmes à travers le monde.  

Pour cette journée internationale des droits des femmes, nous formulons le vœu, comme tous les ans, que cette moitié d’humanité n’ait plus à revendiquer ses droits comme s’il s’agissait d’une exception à la règle, et nous continuons, et continuerons, à notre façon et avec nos moyens, à tout faire pour. 

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Par Éditions Reconnaissance

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