Depuis quelques jours, l’édition indépendante est secouée par une très mauvaise nouvelle : l’un de ses distributeurs, Makassar, menace de déposer le bilan, entrainant dans sa chute de très nombreuses maison dépendantes de ses services.
La distribution, on le répète souvent dans cette newsletter, est l’un des nerfs de la guerre de l’édition : c’est à travers elle que les livres, dans lesquels nous mettons tant d’énergie, d’amour et de temps, vous arrivent, et c’est aussi bien souvent à travers elle que les éditeurs indépendants trouvent à terme une réelle aisance et donc indépendance financière.
Chez Reconnaissance, nous l’avons bien compris depuis notre création. Et c’est la raison pour laquelle nous essayons de nombreuses méthodes originales et innovantes ; la dernière en date, vous l’avez peut-être vu passer sur votre fil d’actualité, étant le vélo cargo.
Grâce à Alexandre, qui nous a généreusement prêté son vélo pour l’été, nous testons cette nouvelle méthode de distribution directe à Paris. Quand elle n’est pas sur les routes de France et de Navarre pour prêcher notre bonne parole, notre chargée de diffusion, Christeve, enfourche son fidèle destrier, orné de pancartes et autres QR codes, et se promène à travers Paris pour déposer au plus vite les livres dans les librairies qui nous font confiance et chez nos lecteurs.
C’est une méthode que nous trouvons à la fois beaucoup plus agile, rapide, écolo et efficace.
Plus agile parce que Christeve se promène avec un stock de nos livres dans son cargo, et peut directement déposer ou reprendre les livres. Elle peut ensuite rapporter les livres dans notre entrepôt (=ma cave est immense et bien rangée) en fin d’après-midi, sans avoir à garder les livres avec elle.
Plus rapide parce que nous sommes en capacité de déposer les livres en moins de 48h chez les libraires ou les particuliers qui les commandent à Paris. Aussi rapide qu’Amazon, mais beaucoup plus écolo : un vélo sera toujours beaucoup plus sobre qu’un camion qui transporte les colis d’un entrepôt à un point relais, puis qu’une voiture ou un autre camion ou camionnette d’un point relais à une adresse précise.
Plus efficace enfin donc, parce qu’en se promenant un peu partout dans Paris avec le vélo décoré aux couleurs de la maison, Christeve est arrêtée régulièrement par les passants qui lui demandent ce qu’elle transporte, et quels sont les livres, et qu’à terme elle pourrait leur en vendre directement.
Christeve sur son vélo, derrière les camions Ça me fait penser à Leclerc poursuivant en jeep les blindés allemands ; la bataille n’est jamais perdue !
