Je me souviens du jour du départ comme d’un arrachement. Paris se vidait doucement de sa lumière d’été, ma valise pesait moins que mes doutes. Je laissais derrière moi ma famille, mes amis, et surtout ma sœur, sur le point d’accoucher. Le timing me semblait cruel : partir quand une nouvelle vie commençait ailleurs. Dans l’avion, la solitude s’est installée sur le siège d’à côté, silencieuse et insistante. J’avais l’impression d’avoir fui, ou perdu quelque chose d’essentiel.
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