Il est parti plus tôt que prévu, la veille de ses soixante-dix-huit ans. Nous avions évoqué l’assistance à mourir dans notre pays. Or, il a agi en homme libre qu’il était. Il a choisi le lieu, le moment et le comment. Quand ma sœur a eu l’appel des gendarmes, le lieutenant lui a demandé si elle était seule et assise. Elle s’est abandonnée à l’étreinte du sol. Ses voisins ont encore en mémoire ses cris perçants lors de la pause méridienne de ce jour de septembre. Son coup de fil a été atroce pour mon cœur, morcelé depuis. Le désespoir, la haine, les suffocations de ce moment-là, je ne les oublierai jamais.
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